Le temps passe. Rien ne change. Enfer.

Le temps passe. Rien ne change. Enfer.
Ce matin comme les trois ou quatre matins précédents, je me suis réveillée avec ce souvenir. Il y a quatre ans, j'étais moins malheureuse. Il y a quatre ans, personne n'était parti. Ce matin, j'ai encore eu cette sensation qui me brûlait et m'étouffait. J'aurais presque pu dire que j'y étais. Elle continue toujours à l'heure où j'écris, de me faire pleurer. Impression encore vive et douleur suraiguë d'être retournée quatre années en arrière. Je ne sais pourquoi ça m'est revenu. Enfin, je pense ça mais je connais plus ou moins la réponse. C'est au début du mois de mars, en 2005, que j'ai compris combien cette perte allait se révéler irréversible. Je savais que le manque ne pourrait jamais être comblé, même s'il était déjà présent auparavant. Cette perte m'a permis de réaliser combien j'étais déjà détruite. Autant physiquement que moralement, je suis détruite. "Je vais bien" et "je suis heureuse", je préfère ne pas les dire ou plutôt utiliser des guillemets (sinon, ça serait mentir).
Des fois, j'aurais presque souhaité sa mort pour ne pas avoir à retourner inutilement là-bas. Je mens, je l'ai souhaité parce que je reste sur place sans pour autant pouvoir agir. "Inutilement", non pas vraiment. Mais la douleur était et reste toujours plus forte que moi.

Je cherche en vain à éteindre une douleur qui m'empêche tout bonheur. Je me demande encore, si dans l'éventualité où j'en viendrais à en finir... Est-ce que cela serait suffisant? Je veux dire, est-ce que je peux vraiment détacher ces souvenirs de moi-même? Je sais que je peux en rejeter l'existence et créer une barrière qui en interromprait certains. Non, c'est faux. Si j'en suis là ("là", mais où? Et pour aller vers quoi?) alors cela signifie simplement que ce que j'ai fait est inutile.

Parfois, même en étant avec ceux que j'aime, je sens très bien que mon sourire se fige. Et je repense à ce qui s'est passé. J'essaye de mon mieux de faire bonne figure auprès d'eux et de faire preuve d'un minimum de retenue. A l'intérieur, je pleure et je hurle mon incapacité à faire face à ce qui me torture. Je ne peux pas changer ce qui s'est passé, les souvenirs, par définition, sont immatériels et ce sont des actes et des circonstances révolus.
Il y a des bras que je aimerai ne plus quitter. Des souvenirs, des brûlures qui me déchirent sans pour autant que le sang coule. Je cherche à les quitter sans y parvenir. Le seul témoignage de cette souffrance est silencieux. Mes larmes. Et des coupures indélébiles qui ornent mon corps. De mon poignet jusqu'à mon coude.

Je souris. Je lui souris. Mais je ne suis plus rien après tout ce qui s'est passé. Il ne reste qu'un corps qui vit , marche , boit et pleure. Il prend souvent peur, a besoin de la présence des autres même s'il passe son temps à les rejeter.

Le temps qui passe ne guérit de rien. Il transforme les souvenirs et les émotions qui les lient, en cendres. Je cherche désespérément à ranimer un peu de ce qui s'est éteint il y a bien trop longtemps. Mes tentatives restent vaines. Le temps ne m'a laissé que ces cendres. Le vent a soufflé et tout emporté. Il a anéanti ce qui restait.


# Posté le vendredi 27 février 2009 16:44

Modifié le dimanche 19 avril 2009 08:32

Semper Eadem

Semper Eadem
Long journey:
« Gong Li incarne de toute évidence le personnage le plus complexe- une joueuse mystérieuse qui ne révèlera son nom qu'au moment où elle se séparera de Chow. Sa présence à l'écran est accompagnée par des extraits élégiaques et nostalgiques. »

Personnage complexe mais personne n'ose dire en quoi. J'en ai marre d'entendre des éloges fondés sur du vide.(En attendant, je ne prétends pas non plus saisir toute la dimension tragique du personnage.)
Su Li Zhen (incarnée par Gong Li) ne joue qu'avec des cartes et non avec sa beauté. Elle est magnifique avec son visage détruit et son corps en deuil. Peut-on encore parler d'un visage? Je ne pense même pas. Elle n'est plus rien. Elle ne vit même pas dans le présent. C'est pour cela que chaque parole et chaque geste sont énigmatiques. Elle s'adresse toujours à un inconnu qu'on ne voit pas. Elle ne parle jamais à Chow, elle dialogue avec son passé. En Chow, elle ne fait que retrouver ce qu'elle a perdu (ou qu'elle n'a jamais eu).

Dialogue perpétuel avec elle-même.

Air planant percé de notes de violon, éclatées dans le silence. On n'aperçoit qu'une silhouette, une ombre. Elle est morte depuis longtemps, Su Li Zhen. Elle n'est qu'une simple présence physique. Rien n'est vivant, tout est détruit ou passé. Femme en deuil, insaisissable. Quand elle embrasse, ce n'est que son passé qu'elle frôle.
Pourtant, sa beauté glacée charme et envoûte celui qui cherche une absente. L'Absente, c'est comme ça qu'il faut la définir. On peut la voir, l'embrasser, ce n'est plus qu'une poupée qui vit dans son monde figé et nébuleux.
Prends-la si c'est ton passé que tu recherches. Prends-la, tu n'étreins rien de vivant, rien de présent. Tu ne sentiras que ses larmes sur ta joue.




# Posté le vendredi 20 février 2009 16:04

Modifié le dimanche 19 avril 2009 08:32

Le coeur au bord du vide

Le coeur au bord du vide
En ce moment,j'écris beaucoup sur facebook et je n'ai pas envie de me répéter sur ce blog. Mais là,j'ai vraiment besoin d'écrire plus que de dessiner(et c'est rare).
De toute façon ,je rate tout ce que j'entreprends. Alors même dessiner me dégoute. En plus,je suis en train de dessiner une scène qui revient de façon traumatique dans ma tête(on va simplement dire que j'y pense au moins une cinquantaine de fois par jour).
Pour tout résumer,c'est la crise. De tout et de rien. Révolte aveugle contre tout le monde pour ne pas dire contre moi-même. J'ai beau essayer de me dire que je fais ce que je peux pour sauver ma maigre carcasse et que je ne retombe pas dans les erreurs du passé. Mais je me suis rendue compte que je ne faisais que l'inverse de tout ça. Ma réaction(qui date de mardi):je mérite de mourir pour ce que je suis en train de faire. Je me connais,je sais pertinemment que je ne vais pas m'en arrêter là. Il a toujours fallu que je fasse une connerie pour que j'admette après coup la portée de mon acte. Alors je reste indécise sur les jours à venir.
Avant, j'aurais peut-être dit que tout cela ne dépendait pas de moi mais j'étais encore dans une illusion. Des fois,je me dis que je devrais me frapper la tête contre un mur...


En effet,ma situation n'est pas vraiment brillante. Je me suis rarement sentie aussi mal de toute ma vie. Des fois,j'essaye d'établir une hiérarchie et je me demande si en 2005 ce n'était pas un peu mieux. J'ai envie de dire que ça se discute. En 2005,je rêvais de partir très loin pour mourir en paix (enfin libérée de mes bourreaux et de moi-même).
Le premier juin 2005. Le fameux jour où j'ai explosé. "Je ne peux plus continuer,je veux mourir."
Pardon,à une personne qui n'aura jamais ce message.
Je m'en souviens encore. J'avais pleuré toute la journée sans interruption. J'avais voyagé dans les bras de toutes mes amies. Je crois que j'étais même allée à l'oratoire(oui je sais,ça craint,mais je ne suis pas croyante). Néanmoins,c'était le seul endroit du collège qui respirait la sérénité. Je pleurais en silence,en regardant un type crucifié. Morbide. Morbide.

(Sans savoir que deux années plus tard,j'allais commencer à me scarifier les bras et à faire des crises de révolte contre la nourriture. J'avais commencé à disparaître et à devenir une sorte de poupée bizarre.)

Et puis ma mère qui était arrivée. Et qui a eu la présence d'esprit de m'engueuler et de me prendre pour une mythomane. "Mais,non,tu n'as rien. Tu veux juste nous faire souffrir encore plus".
Je n'avais même plus la force de dire quoique ce soit. Je ne pouvais rien prouver,je ne pouvais rien démontrer. Rien à constater,ce qui est fait est fait. Toutes mes craintes s'étaient révélées exactes. Il m'avait fallu six années de préparation pour en parler et tout s'est effondré en un mois. Tellement d'années de silence et de torture muette pour en arriver à tout ce que je voulais éviter. La situation était suffisamment cornélienne. Les sentiments,une torture réciproque.
Je ne sais pas vraiment ce qui m'a faite le plus de mal. Mes parents et leur réaction idiote qui m'a encore plus traumatisée(c'était pas assez déjà?C'était nécessaire de me noyer encore plus?). Ou lui(ou plutôt moi puisque c'est de ma faute).

A quoi on joue là?

On ne récolte que ce qu'on sème.

# Posté le vendredi 30 janvier 2009 16:01

Modifié le dimanche 19 avril 2009 08:32

I hate myself

I hate myself
Je suis en pleine période "infréquentable".Dans ce genre de moment,je ne suis qu'un gros danger public(à éviter si vous tenez à votre vie).Je souffre et inutile de s'étendre sur ce sujet.

Je m'en veux de refaire les mêmes erreurs(surtout quand je suis consciente d'être dans la mauvaise voie).Je vois bien que je fais souffrir les autres,ça me dégoûte encore plus de ce que je suis:une pauvre salope pleurnicheuse.Je n'étais pas comme ça avant.Qu'est-ce qui fait que j'en suis arrivée là?Pourquoi?Qui et comment?Bonnes questions auxquelles je ne me sens pas apte à répondre.Je me sens vidée et fantomatique.
Je m'en veux de ne pas réfléchir aux conséquences de mes actes.Voilà que je me sens déjà coupable.Certaines fois,je me dis que je traine le poids du monde(son mal-être).J'ai envie de hurler quelque chose mais je ne sais pas quoi.Je pleure toute la journée et je me fais violence pour que personne ne s'en rende compte.Je n'aspire qu'à rejoindre le néant.Ne plus avoir de corps et de craintes(absurdes pour certaines) envers les autres.Je suis ma propre ennemie,c'est tristement joyeux.

Je me lance dans mon sport préféré de dépressive absolue:le claquage de porte.Claquer les portes de toutes ses forces(en hurlant et en pleurant si possible).Résultat,on est shooté et bon à enfermer à l'hôpital psychiatrique.Pensez ce que vous voulez,j'appelle ça une "crise de folie passagère".
On peut aussi écouter des chansons dépressives espagnoles(genre Quizas,Quizas),ça fait le même effet qu'une tentative de suicide.

Je ne sais pas où je vais.Nulle part,je suppose.J'ai déjà les deux pieds dans la tombe.J'ai beau tenter vainement de regarder ailleurs,je n'y échappe pas.Pardon,pardon,pardon.
Pardon,si j'ai dit des conneries aujourd'hui.Je me hais.Je me vomis.Pardon,pardon,pardon.

Avant,je pensais qu'il valait mieux être un Socrate malheureux qu'un imbécile heureux(clin d'½il à Mill).Maintenant,j'ai changé de point de vue,celui qui est heureux a peut-être un sort plus enviable.Oui,je sais que c'est grave de dire ça.Mais je crois que j'en suis au point où je préfère un bonheur illusoire plutôt qu'un savoir.
"Socrate,veux-tu te suicider?Veux-tu continuer à poser des questions?Le poison t'attend."
Je suis paumée et obligée de revoir mes propres principes alors que mon cerveau est en plein chantier.Se poser des questions,n'est-ce pas un obstacle au bonheur?C'est un moyen de prendre conscience de pleins de problèmes qui étaient susceptibles de nous échapper et donc de ne pas nous atteindre.Le savoir procure un certain bonheur,je veux bien le croire.Descartes préfère toujours le savoir au bonheur:"voyant que c'est une plus grande perfection de connaître la vérité encore même qu'elle soit à notre désavantage que de l'ignorer". Il écrit à Elisabeth le 6 octobre 1645,"qu'il vaut mieux être moins gai et avoir plus connaissance".
Je reste très partagée par ce débat(en tout cas,j'ai de quoi réfléchir).
Je voudrais vraiment croire de tout mon c½ur(ou plutôt de ce qu'il en reste) que cette situation n'est qu'un mauvais moment à passer.Mais j'ai l'impression d'être en chute libre.Je vois plein de choses qui défilent autour de moi que je ne comprends pas et je n'arrive pas à analyser.j'ai peur de tout et de tout le monde.De quoi sommes-nous capables?En avons-nous la moindre idée dès lors que c'est de notre vie dont il est question?

# Posté le lundi 26 janvier 2009 16:22

Modifié le lundi 26 janvier 2009 17:17

Le naufrage universitaire

Le naufrage universitaire
Veille des partiels,époque de crises fondamentales et de remises en questions personnelles...A préciser tout de même que mes partiels sont à 8h donc je vais devoir me frapper la tête contre un mur pour me réveiller à 5h(histoire d'arriver à l'heure,grève sncf et j'en passe).Je suis vraiment motivée pour tenter ma misérable chance à l'agrég.

J'achète plein de livres(même pas de la philo juste des recueils de poèmes).Je pense combler le manque affectif de cette manière(même si je sais pertinemment que c'est inefficace).

# Posté le mercredi 07 janvier 2009 15:54